Validation technique des dépôts dans HAL : pourquoi un réseau national des valideurs devient indispensable

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Écrit par Timothée Demarcq

La validation technique dans HAL est un maillon stratégique de la qualité des dépôts, mais elle s’exerce encore dans des conditions très inégales selon les établissements. Une enquête menée fin 2025 par le CCSD auprès des valideurs techniques permet de sortir des impressions pour poser un diagnostic solide, à partir d’un questionnaire national et d’entretiens semi-directifs.

Cette enquête avait pour objectif de cartographier les pratiques et besoins autour de la validation technique dans le but d’y apporter un panel de solutions, s’inscrivant dans le cadre du lancement du réseau national des valideurs techniques.

Le questionnaire, ouvert du 20 novembre au 19 décembre 2025, a recueilli 108 réponses complètes, sur 220 réponses au total. En parallèle, 10 entretiens semi-directifs ont été conduits avec des profils complémentaires (CCSD et valideurs de différents établissements).

Ce que disent les résultats : une fonction critique mais sous contrainte

Le premier enseignement tiré de cette enquête montre que les valideurs forment une communauté engagée, mais néanmoins diversifiée et récente. Une part importante des répondants exerce la mission depuis peu de temps, et la majorité d’entre eux proviennent des universités.

 

Répartition des valideurs par ancienneté et type d'établissement

Répartition des valideurs par ancienneté et type d’établissement

Ce premier tableau nous montre en effet que presque 60% des répondants sont des valideurs d’université, et que 58% des valideurs ont moins de 2 ans d’expérience.

Le deuxième enseignement de l’enquête concerne la charge de travail de validation. Pour la majorité, la validation est une mission partielle, pas un poste à temps plein, avec une charge qui doit cohabiter avec d’autres responsabilités.

 

Charge de travail hebdomadaire des valideurs par type d'établissement

Charge de travail hebdomadaire des valideurs par type d’établissement

Ce deuxième tableau montre en effet que pour plus de 70% des valideurs, la charge de travail hebdomadaire représentée par la validation ne dépasse pas les 30%.

Ce décalage est central : la responsabilité est élevée, les moyens sont fragmentés. Résultat, les pratiques se construisent souvent “au fil de l’eau”, avec des solutions locales efficaces, mais difficilement transférables à grande échelle.

Les trois points saillants

L’enquête fait remonter des difficultés récurrentes, quel que soit le type d’établissement :

  • Le manque de temps, qui limite la capacité à traiter sereinement les cas complexes,
  • Des recommandations parfois difficilement applicables selon les contextes locaux,
  • Un déficit d’outillage partagé, qui conduit chacun à recréer localement des supports déjà produits ailleurs.

Pris ensembles, il ne s’agit pas de simples problèmes opérationnels isolés, mais cela révèle un problème structurel de coordination.

L’enjeu caché : la cohérence nationale des décisions

Les entretiens montrent une préoccupation très concrète : quand les règles sont interprétées différemment selon les contextes, les décisions peuvent varier d’un établissement à l’autre. Pour les déposants, cela nuit à la lisibilité ; pour les valideurs, cela fragilise la sécurité des arbitrages. Autrement dit, la question n’est pas seulement organisationnelle. Elle touche directement la cohérence du service rendu à l’échelle nationale.

Pourquoi un réseau national est la réponse la plus opérationnelle

Les résultats de l’enquête ne plaident pas pour une couche administrative de plus. Ils plaident pour une infrastructure métier utile, centrée sur deux fonctions :

  • Un référentiel vivant, pas un manuel figé : fiches pratiques, cas types, arbres de décisions, modèles de réponses, dans l’objectif d’aligner les pratiques sur un socle partagé et actualisable.
  • Une animation entre pairs : webinaires ciblés, retours d’expérience, résolution collective de cas, il faut créer des espaces réguliers où l’on apprend vite, ensemble, sur des problèmes réels.
Ce qu’il faut retenir

L’enquête est claire : les valideurs ne manquent ni de compétence ni de volonté. Ils manquent d’un cadre commun suffisamment outillé pour transformer des efforts dispersés en force collective.

Le réseau national des valideurs techniques n’est donc pas une option “confort” mais bien une réponse pragmatique pour :

  • Réduire l’hétérogénéité des pratiques,
  • Sécuriser les décisions,
  • Améliorer la lisibilité pour les déposants,
  • Renforcer durablement la qualité de la validation technique des dépôts dans HAL.

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