2025 a été une année charnière pour les portails institutionnels. Trois établissements qui géraient des archives ouvertes en local ont engagé une transition vers HAL et font de leur portail leur seul entrepôt institutionnel. Obsolescence technique, coûts financiers, dynamique nationale motivent en général les décisions. Depuis la création de HAL, d’autres établissements ont déjà fait ce choix. À l’occasion des 25 ans de HAL, flash back sur ces stratégies de mutualisation.
En 2025, l’université de Lille, l’École nationale supérieure d’arts et métiers (ENSAM) et l’Université de Strasbourg ont opté pour un changement de solution technique pour leur archive ouverte respective en s’appuyant sur HAL et l’offre portail. Lille et l’ENSAM disposaient déjà d’un portail HAL qui devient ainsi leur seul entrepôt institutionnel. L’Université de Strasbourg a, quant à elle, créé son portail l’année dernière. En 2026, l’Université de Bordeaux suit le même mouvement.
Chacune des trois archives locales avait mis en place un workflow qui permettait déjà de reverser une partie de leurs contenus dans HAL. La transition a cependant impliqué une migration de données et un accompagnement renforcé des équipes.
A l’occasion des 25 ans de HAL, remontons un peu le temps … Plusieurs autres institutions ont en effet elles aussi choisi de fermer leur archive ouverte développée en local pour faire de leur portail le seul entrepôt institutionnel, modifiant ainsi petit à petit le paysage national. Toutes alimentaient déjà HAL, et la plupart disposaient déjà aussi d’un portail HAL.
Okina, l’archive ouverte de l’université d’Angers est la première du genre. Ouverte début 2015, la fonction de dépôt est désactivée fin 2019. Le portail HAL ouvert la même année devient le seul entrepôt institutionnel.
Plus ancienne – elle a été créée en 2006 – Prodinra, l’archive de l’INRA (devenu INRAE) a définitivement été fermée en mai 2020, le socle technologique devenant obsolète. En 2019, la fusion de l’INRA avec l’Irstea impose d’inclure la migration de l’archive de l’Irstea dans le projet. Le projet de migration s’est déroulé sur presque 2 ans. L’INRAE est devenu tutelle du CCSD en 2018 en allouant des moyens. Ses objectifs étaient notamment de contribuer au développement de HAL, la mutualisation diminuant les coûts de développement et de maintenance évolutive. Grâce au renfort en développement, des fonctionnalités ont été développées et mises à la disposition de toute la communauté des utilisateurs de HAL. Le portail HAL-INRAE a ouvert en mars 2020.
Mise en service en 2008, l’archive ouverte de Sciences Po SPIRE, a migré sur HAL en 2021. Un argument avancé dans le guide utilisateurs est que HAL est “désormais incontournable pour répondre aux exigences des organismes d’évaluation et de financement de la recherche (HCERES, RIBAC, ANR, ERC).“ Le portail remplace définitivement SPIRE en octobre 2021.
Enfin, en 2023, une autre archive, créée elle aussi en 2008, ferme ses portes. Il s’agit d’ OATAO, portée par l’Institut National Polytechnique (INP) de Toulouse, l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT) et l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace(ISAE-SUPAERO). Le portail HAL de l’université de Toulouse, créée en 2011, élargit son périmètre pour devenir le portail commun de l’université, de l’INP et de l’Université de Technologie Tarbes Occitanie Pyrénées (UTTOP).
Si ces stratégies de mutualisation répondent à des enjeux techniques et financiers, elles simplifient aussi la vie des chercheurs et chercheuses dans un environnement de recherche multi-tutelle. Le rapport sur la clôture de l’archive de Lille le souligne : “La coexistence des deux archives reste une source de confusion pour les chercheurs, malgré l’accompagnement proposé. C’est d’autant plus vrai lorsque les unités de recherche reçoivent des recommandations de leurs différentes tutelles, dont certaines sont fortement investies dans HAL.”
Dans le paysage international des archives ouvertes, dominé par des plateformes déployées en local par une institution ou par de grands entrepôts thématiques, HAL occupe une place singulière. Son modèle repose sur une infrastructure nationale mutualisée, au service de l’ensemble des établissements académiques, tout en permettant à chacun d’eux de disposer d’espaces dédiés et personnalisables que l’on nomme “portail”. Le modèle de HAL constitue une originalité forte : là où de nombreux pays voient coexister une multitude d’archives institutionnelles autonomes ou, à l’inverse, une dépendance accrue à des plateformes internationales, l’ambition nationale a porté très tôt le principe de la mutualisation de HAL. Aujourd’hui, HAL représente un réseau de plus de 150 portails.