Dans le paysage international des archives ouvertes, dominé par des plateformes déployées en local par une institution ou par de grands entrepôts thématiques, HAL occupe une place singulière. Son modèle repose sur une infrastructure nationale mutualisée, au service de l’ensemble des établissements académiques, tout en permettant à chacun d’eux de disposer d’espaces dédiés et personnalisables que l’on nomme “portail”. A l’occasion des 25 ans de HAL, remontons un peu le temps pour découvrir l’évolution des créations de portails.
Un portail HAL est un service web spécifiquement dédié aux institutions (organisme de recherche, université, communauté d’universités, grandes écoles, etc) leur permettant de gérer, archiver, diffuser et valoriser les publications, logiciels et données scientifiques de leurs chercheuses et chercheurs.
Un dépôt alimente plusieurs portails institutionnels
En pratique, un portail est un sous-ensemble de HAL. Dès qu’un auteur ou une autrice est affilié.e à un laboratoire ou une équipe qui a pour tutelle une institution, les publications sont automatiquement affichées dans le portail de cette institution. Par exemple, les publications d’une chercheuse d’Aix-Marseille université seront présentes dans le portail de l’université. Si elle travaille dans un laboratoire qui a d’autres tutelles – le CNRS notamment, comme c’est le cas des UMR – la publication sera également présente dans le portail du CNRS. Le critère d’alimentation du portail repose sur l’affiliation du ou des auteurs et autrices renseignée dans le dépôt et est totalement indépendant de là où a été réalisé le dépôt, que ce soit HAL, HAL-SHS, HAL-Thèses, ou le portail d’Aix-Marseille université dans le cas de notre exemple. Cela simplifie ainsi la vie des chercheurs et chercheuses dans un environnement de recherche multi-tutelle : un seul dépôt suffit.
Un bref historique des créations de portails
La fonctionnalité de portail existe depuis 2003. A l’occasion des 25 ans de HAL, remontons un peu le temps avec cette frise chronologique des créations de portails.
Inria ouvre la voie de la mutualisation en 2005 en étant la première institution à lancer son portail. L’Inserm, l’ENS-Lyon et l’université Jean Monnet-Saint-Etienne suivent l’année d’après. Un protocole d’accord inter-établissement signé en 2006 positionne HAL comme plateforme partagée et engendre une réelle dynamique : dès 2007, on comptabilise ainsi la création de 11 portails. Depuis, le nombre de créations varie entre 5 et 13 selon les années. L’année 2014 est une exception avec seulement 2 nouveaux portails : l’annonce de la mise en production d’une nouvelle version de HAL pour la fin de l’année a provoqué un net ralentissement, les institutions préférant attendre avant de s’engager.
L’évolution du nombre de portails est indissociable ces dernières années de l’institutionnalisation de la science ouverte. En 2025, on comptabilise 153 portails institutionnels, ce qui couvre quasiment toutes les universités de France et l’ensemble des organismes de recherche.

Les multiples avantages du modèle
Une infrastructure partagée présente de nombreux avantages, tant sur le plan technique qu’organisationnel. Premier atout – et de taille – partager une seule infrastructure évite les investissements redondants en matériel et en logiciels. Les archives ouvertes institutionnelles s’appuient sur le même socle technologique maintenu et développé par le CCSD.
L’utilisation d’un seul logiciel et d’un modèle de données unique élimine les problèmes de compatibilité entre systèmes. Les utilisateurs bénéficient ainsi d’un environnement technique cohérent, simplifiant la maintenance et l’évolution des outils. L’uniformisation des pratiques de saisie, avec des champs obligatoires communs (affiliation des auteurs, licences par ex) et des listes de références communes (auteurs, structures de recherche, projets ANR, etc.), garantit une homogénéité des données. Cette standardisation facilite la comparabilité, réduit les erreurs et améliore la qualité globale des informations collectées.
Enfin, une infrastructure partagée crée une communauté élargie (chercheur.es, personnels d’appui, institutions, financeurs, etc.), dont les contributions profitent à tous : ce que l’un dépose, corrige ou enrichit profite à d’autres (par ex. alimentation automatique du CV de ses co-auteurs, affichage dans le portail de l’ANR des publications financées ou dans la collection du laboratoire). La mutualisation des efforts permet ainsi d’accélérer les avancées, de partager les bonnes pratiques et de maximiser l’impact des ressources disponibles.
En résumé, une infrastructure partagée combine efficacité technique, économies d’échelle et collaboration renforcée, offrant un cadre optimal pour les acteurs impliqués. C’est ce qu’offre HAL à l’échelle nationale, et c’est ce qui fait sa singularité dans le paysage international des archives ouvertes.